Un marché des altcoins très résilient
Ces derniers mois ont été marqués par l’incertitude. Des inquiétudes pesaient sur la géopolitique, le sentiment du marché et la question de savoir où le risque était encore récompensé. Dans un tel contexte, on s’attendrait à ce que les capitaux se replient vers les segments les plus sûrs du marché. Pourtant, le secteur des cryptomonnaies présente un tableau différent. Non seulement le bitcoin tient bon, mais les altcoins se révèlent eux aussi remarquablement résilients. Dans le même temps, une question plus fondamentale que les fluctuations de cours se pose : dans quelle mesure les réseaux cryptos eux-mêmes sont-ils pérennes ? Nous y reviendrons dans cette édition de Market News.
Dernières infos sur le marché
Dans certaines circonstances, l’attention se porte davantage sur le bitcoin que sur le reste du marché des cryptomonnaies. C’est le cas, par exemple, lors des marchés baissiers, ou lorsque les investisseurs sont peu enclins à prendre des risques. Ou encore lorsque des événements économiques ou géopolitiques majeurs se produisent. Ces deux derniers mois, ces trois conditions ont été réunies.
Par le passé, les altcoins affichaient souvent des performances nettement inférieures à celles du bitcoin sur un marché en proie à la peur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Certes, depuis le pic atteint le 6 octobre, la plupart des altcoins ont perdu davantage que le bitcoin. Mais depuis la capitulation du 5 février, ils évoluent parallèlement au bitcoin, sans se laisser perturber par les tensions liées à la guerre en Iran.
Si l’on examine les tokens individuellement, on constate quelques exceptions notables. Depuis le début de l’année, la tendance générale se situe autour de -25 %. Bittensor (TAO), Hyperliquid (HYPE) et Morpho se démarquent avec des gains d’environ 40 à 50 % et un projet clairement défini.
Dans le cadre de nouveaux projets, les gains peuvent apparaître et disparaître rapidement. Quelques mois de bonnes performances ne garantissent pas qu’un projet deviendra un produit à succès capable de se suffire à lui-même. Mais ces projets illustrent la résilience remarquable du marché des altcoins. Nous sommes peut-être en période de marché baissier, mais la cryptomonnaie est loin d’être morte.
On en parle
La menace quantique qui pèse sur le bitcoin se concrétise
Google a jeté un pavé dans la mare. On pourrait même dire une brique. Dans un nouvel article, l’entreprise affirme que le décryptage du bitcoin nécessite beaucoup moins de puissance de calcul quantique qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Moins de 500 000 qubits seraient nécessaires, au lieu des millions estimés précédemment. Avec ce nombre de qubits, cela ne prendrait en théorie que neuf minutes.¹
C’est vingt fois plus efficace que les estimations précédentes. Ainsi, le scénario catastrophe souvent évoqué passe de « un jour » à un horizon temporel qui se rapproche de manière inquiétante.
La vulnérabilité réside dans la manière dont la propriété des bitcoins est prouvée. Toute personne effectuant une transaction divulgue sa clé publique. Pour l’instant, cela ne pose pas de problème, car les ordinateurs classiques ne peuvent rien en faire. Mais un ordinateur quantique pourrait, à partir de cette clé publique, déduire la clé privée correspondante, en théorie avant même qu’une transaction publiée ne soit traitée. Le solde pourrait alors être tout simplement détourné.
Selon Google, environ 6,9 millions de bitcoins se trouvent dans des adresses dont la clé publique est déjà visible. Cela représente donc une part considérable du total des BTC. Parmi celles-ci figurent d’anciennes adresses datant des débuts, pour lesquelles on estime qu’une migration manuelle n’est plus possible.
Les chercheurs considèrent 2029 comme une année charnière. D’ici là, des mesures devront avoir été prises pour contrer les risques liés aux ordinateurs quantiques. Les gouvernements du monde entier ont déjà fixé des échéances similaires. Ainsi, la NSA souhaite que tous les systèmes soient protégés contre les menaces quantiques d’ici 2030. Pour le bitcoin, cet horizon est relativement court. Les mises à niveau majeures qui touchent l’ensemble de l’écosystème nécessitent des années de discussion, de développement et de mise en œuvre.
Au sein de la communauté Bitcoin, les réactions sont partagées. Certains tirent la sonnette d’alarme, d’autres relativisent. La réaction la plus éloquente vient toutefois de l’extérieur du secteur. Scott Aaronson, informaticien de renom, qualifie cette nouvelle de « bombe » et affirme qu’elle renforce la nécessité de passer dès maintenant à une cryptographie résistante à l’informatique quantique.²
Des solutions concrètes sont déjà à l’étude. Citons par exemple le BIP-360, une proposition visant à créer de nouvelles adresses Bitcoin (P2MR) dans lesquelles les clés publiques ne seraient plus visibles, même lors des transactions. Cela rendrait toute attaque quantique inutile. La proposition est actuellement testée sur un réseau de test. Du côté d’Ethereum, plusieurs équipes travaillent en parallèle à la mise au point d’un réseau résistant aux ordinateurs quantiques.³
Sources :
Autres actualités
L’infrastructure pour les agents IA se dote de sa propre fondation. La Linux Foundation a créé la x402 Foundation. La fondation prend en charge le protocole x402. Il s’agit d’un protocole de paiement pour les agents IA auquel participent plus de vingt grandes entreprises. Le volume quotidien des transactions x402 n’est que de 28 000 dollars, dont la moitié est artificielle selon Artemis. En mars, Stripe a lancé un protocole concurrent, avec le soutien d’OpenAI et d’Anthropic.
Charles Schwab va permettre à ses clients de trader directement des bitcoins et des ethers. D’ici le premier semestre 2026, les investisseurs devraient pouvoir acheter des cryptomonnaies dans le même environnement que leurs actions et leurs obligations. Avec près de 12 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, Charles Schwab peut toucher un large groupe d’investisseurs qui dépendent encore aujourd’hui de plateformes externes. L’entreprise affirme ainsi répondre à la demande croissante en cryptomonnaies parmi les investisseurs.
Le marché des actifs tokenisés continue de croître pour atteindre 27,6 milliards de dollars. C’est l’un des rares segments qui continue d’enregistrer des entrées de capitaux. Les obligations d'État américaines sont particulièrement prisées sur ce marché, suivies par les matières premières et les produits de crédit. Les actions tokenisées gagnent également du terrain. Bien que la taille totale reste limitée, le volume des transactions a considérablement augmenté, ce qui témoigne d’une utilisation active. Le marché reste toutefois fortement concentré entre les mains de quelques fournisseurs.
Le gouvernement américain protège les marchés de prédiction et poursuit les États en justice. Selon Washington, les États ne doivent pas traiter des plateformes telles que Polymarket et Kalshi comme des sociétés de jeux d’argent. Ces plateformes proposent des contrats sur l’issue d'événements. Les États y voient des jeux d’argent, mais l’autorité de régulation fédérale les considère comme un marché financier. L’affaire porte sur les compétences. Qui fixe les règles pour cette nouvelle catégorie : les États ou le gouvernement fédéral ?
Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue ni une communication marketing ni une recommandation. Aucun des contenus présentés ne doit être considéré comme un conseil en investissement ou une alternative à celui-ci. Bitvavo ne garantit ni l’exactitude ni l’exhaustivité des informations fournies. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte totale du capital investi.