Hors du marché crypto, l'agitation règne

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Bitvavo20 juil. 2026

Les marchés boursiers affichent des chiffres dans le rouge, notamment parmi les valeurs liées à l’IA. Le fait que le marché des cryptomonnaies reste stable au milieu de cette agitation, et semble même parfois en pleine forme, est un signal frappant. Parallèlement, les cryptomonnaies se voient attribuer un rôle de plus en plus stratégique à Washington. Assistons-nous là aux premiers signes d’une nouvelle phase ? Nous y reviendrons plus en détail dans cette édition de Market News.

Dernières infos sur le marché

Au cours des deux dernières semaines, le cours du bitcoin s’est principalement maintenu entre 54 000 et 57 000 €, une fourchette de prix remarquablement étroite. D’autant plus que la situation est mouvementée en dehors du marché des cryptomonnaies : une forte hausse du prix du pétrole due aux troubles en Iran et des baisses importantes des cours des actions liées à l’IA.

Cette relative solidité est un signe précoce indiquant que nous sommes entrés dans la phase du marché baissier où il est réaliste d’envisager un renversement de tendance. Autrement dit, le creux du marché baissier.

Un autre signal est la divergence positive entre le cours et des indicateurs tels que la dynamique, le volume des échanges, les données sur la chaîne et le sentiment. Le cours atteint de nouveaux creux, mais les baisses perdent de leur vigueur.

Dans l’ensemble, cela donne l’impression que la situation est désormais différente de ce qu’elle était il y a trois ou six mois. Nous resterons donc très attentifs cet été aux signes d’une nouvelle tendance haussière, d’un nouveau marché haussier. À savoir un sommet plus élevé au-dessus des 70 300 € du 6 mai, puis un creux plus élevé que les 50 600 € du 1er juillet, et enfin une clôture hebdomadaire au-dessus de la moyenne dominante, qui s’établit actuellement à 73 000 €.

On en parle

Voici ce que les États-Unis prévoient pour les cryptomonnaies

Scott Bessent a profité d’un dîner de gala organisé en l’honneur du 250e anniversaire des États-Unis pour délivrer un message d’une franchise remarquable. Le ministre des Finances a non seulement expliqué comment les États-Unis perçoivent l’économie mondiale, mais aussi comment ils entendent y conserver leur pouvoir. Les stablecoins, la tokenisation et les nouveaux systèmes de paiement semblent y occuper une place importante.

Scott Bessent qualifie sa stratégie d’economic statecraft : l’utilisation de la puissance économique pour protéger la souveraineté américaine. Selon lui, l’ordre mondial d’après-guerre a apporté beaucoup de prospérité, mais a également mis en évidence certaines vulnérabilités. Les chaînes de production internationales se sont révélées moins fiables que prévu en période de crise, et les importations bon marché n’ont pas toujours compensé la perte de capacité de production nationale.

C’est pourquoi l’accent est désormais mis sur la résilience plutôt que sur l’efficacité. Les États-Unis souhaitent renforcer leurs industries stratégiques, imposer la réciprocité à leurs partenaires commerciaux et utiliser résolument le dollar et leurs marchés financiers comme levier de puissance géopolitique.

Selon Scott Bessent, au siècle dernier, le commerce mondial transitait principalement par les ports et les océans. En ce siècle, il passe de plus en plus souvent par des plateformes, des systèmes et des protocoles. Ceux qui en définissent les normes techniques et juridiques acquièrent également une influence géopolitique. À cet égard, il mentionne explicitement les actifs numériques, les stablecoins, la tokenisation et les nouveaux systèmes de paiement.

Washington n’adopte donc pas les technologies décentralisées dans l’idéal d’une monnaie indépendante et non censurée. Le gouvernement américain considère surtout les cryptomonnaies comme un nouveau canal de distribution du pouvoir financier. Les stablecoins libellés en dollars rendent le dollar plus rapidement accessible à l’échelle mondiale, tandis que les réserves sous-jacentes peuvent créer une demande supplémentaire pour les emprunts d’État américains.

Pour le secteur des cryptomonnaies, il s’agit, tout bien considéré, d’un signal positif important. Les cryptomonnaies ne sont plus considérées uniquement comme un phénomène marginal difficile à réglementer, mais comme une infrastructure stratégique. Cela peut accélérer la réglementation, attirer les investissements institutionnels et renforcer l’intégration des blockchains publiques au système financier existant. Des acteurs tels que Circle et BlackRock sont à l’avant-garde de cette évolution, mais les bourses de cryptomonnaies, les développeurs et les investisseurs profitent également de cette légitimité croissante.

Dans ce contexte, le Clarity Act prend également une importance particulière. Cette loi vise à établir des règles claires pour les actifs numériques aux États-Unis. Du point de vue de Scott Bessent, il ne s’agit pas d’un geste envers le secteur, mais de la mise en place d’une infrastructure dont les États-Unis estiment eux-mêmes avoir besoin.

Le bitcoin peut également en bénéficier. Un rattachement accru au système financier renforce l’accessibilité et la légitimité du réseau. Dans le même temps, le bitcoin, en tant qu’actif rare, neutre et apatride, se démarque de plus en plus clairement des dollars programmables. Plus les États utilisent la monnaie comme un instrument de pouvoir, plus la valeur d’un actif échappant à cette lutte de pouvoir apparaît clairement.

Autres actualités

  1. Visa considère les cartes de crédit et les stablecoins comme la couche de paiement destinée aux agents IA. Les cartes restent adaptées aux achats plus importants effectués pour le compte des personnes, comme un billet d’avion ou un abonnement. Les stablecoins doivent permettre de traiter les petits paiements fréquents entre machines. Selon Visa, le protocole de paiement x402 a déjà traité 109,6 millions de transactions, pour un montant total de 15 millions de dollars. Cette activité s’est principalement déroulée sur Base, Solana et Polygon. Selon Visa, ce n’est pas le paiement lui-même qui constitue un frein à la poursuite de la croissance, mais le dispositif de soutien qui le sous-tend : l’identité, le consentement, la lutte contre la fraude et la responsabilité en cas d’erreurs.

  2. Les forces de l’ordre néerlandaises et belges ont arrêté six suspects appartenant à un réseau international de fraude à l’investissement. L’organisation fonctionnait comme une entreprise comptant une vingtaine de centres d’appels et plus de 700 employés, qui se faisaient passer pour des conseillers financiers. À l’échelle mondiale, plus de 100 millions d’euros auraient été détournés chaque mois. Aux Pays-Bas, 550 plaintes sont liées à ce réseau, représentant au total près de 25 millions d’euros de préjudice. Les victimes voyaient des bénéfices fictifs sur de fausses plateformes d’apparence professionnelle et étaient ainsi incitées à transférer de plus en plus d’argent. Soyez vigilants.

  3. Le dépositaire central de Wall Street effectue pour la première fois de véritables transactions sur des actions et des obligations d’État sur la chaîne. La DTCC, qui gère 114 000 milliards de dollars, a converti des titres en tokens. Parmi ceux-ci figuraient notamment des actions Microsoft, Circle, du S&P 500 et des obligations d’État américaines. Une quarantaine d’entreprises financières et technologiques ont participé à cet essai. En octobre, la DTCC lancera un service permettant aux institutions affiliées de transférer elles-mêmes des titres entre leur compte traditionnel et un portefeuille blockchain. Il s’agit d’une avancée considérable par rapport à l’infrastructure financière traditionnelle, mais pas encore d’un marché boursier librement accessible.

  4. L’euro numérique entre dans la dernière phase des négociations européennes. Le Parlement européen va se réunir avec les États membres autour d’une table pour discuter de la forme précise de la monnaie numérique de banque centrale. Parallèlement, la BCE a sélectionné 36 banques et prestataires de services de paiement, dont Adyen, Revolut, Stripe et SumUp, pour un test pratique d’une durée de douze mois à compter du second semestre 2027. L’euro numérique doit fonctionner en ligne et hors ligne, être proposé par l’intermédiaire des banques et réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des géants américains du paiement. Son introduction éventuelle est prévue pour 2029.

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